Le modèle social du handicap (expliqué par Naruto)

Cet article est la retranscription de cette vidéo :


Bonjour et bienvenue sur ma chaîne, c’est H Paradoxae, et aujourd’hui on va parler du modèle social du handicap. Le modèle social du handicap est un concept central dans la lutte pour les droits des personnes handicapées, mais qu’est-ce que c’est ? Laissez-moi attraper Naruto, je vous explique.

A gauche Naruto dans sa tenue de l'Arc de Pain, un long manteau rouge avec des flammes noires. A droite Kurama le démon renard à neuf queues.

Ça, c’est Naruto, à l’intérieur de lui vit Kurama, le démon renard.

A gauche Gaara dans sa tenue de Naruto Shippuden. A droit Shukaku, le démon tanuki de sable.

Ça, c’est Gaara, à l’intérieur de lui vit Shukaku, le démon tanuki.

Comme vous pouvez l’imaginer, le fait de vivre avec un démon sellé dans son corps vient avec un certain nombre de désagrément comme de larges brûlures, ou l’impossibilité totale de dormir. Indépendamment du contexte, c’est globalement pas très fun, pourtant est-ce vraiment le problème principal de nos deux amis au quotidien ? Mmmh… pas vraiment.

Quatre images de Naruto et Gaara, enfants et adolescents, en train de pleurer.

La raison pour laquelle ils pleurent, ici, et ici et aussi ici et aussi là c’est, je cite, « la solitude et la souffrance qu’elle apporte » et plus globalement, l’isolement et la violence sociale.

Au début du manga, Naruto, et encore plus Gaara, sont tous les deux traités en paria dans leurs villages respectifs, exclus de la vie sociale, exclu de l’accès à l’espace public, victimes de violences verbales et physiques, bref vous voyez le concept. Non seulement cet isolement et ces violences sont, bien plus que leur situation de réceptacles, au cœur de leur souffrance, mais ce sont aussi elles qui les empêchent de se réaliser en tant qu’être humain.

A un certain point, l’attitude des autres et de leurs villages change vis-à-vis d’eux, pour Naruto ce processus commence lorsqu’il est accepté par Iruka, puis Kakashi, pour Gaara quand il est accepté par Naruto. Pour Naruto c’est dans le même temps que son entourage s’attèle à lui fournir des outils pour apprendre à vivre avec le démon renard : son entrainement avec Jiraya, le mokuton de Yamato, son entrainement avec Killer Bee et Hachibi puis sa rencontre avec les autres Bijû.

La présence de Kurama et Shukaku est inchangée, et pour une bonne partie du manga, la destruction et la souffrance qu’ils engendrent dans le corps de Naruto et Gaara aussi. Entre le moment où Naruto se fait harceler devant l’académie et virer des magasins à coup de pieds, et le moment où tout le village l’acclame comme son héros, Naruto et Kurama ont très peu changé. La grande différence ne se situe pas à leur échelle, mais dans la manière dont le village perçoit et traite Naruto, et dans les ressources qui ont été mise à sa disposition pour vivre avec le démon.

Entre l’époque ou ses propre frère et sœur ont peur de lui et le moment où il devient représentant de son village, Gaara a effectivement changé, mais ce changement n’a pu être possible qu’après que Naruto ait montré de l’empathie envers lui. Tout le monde le traitait comme un cas désespéré, au point que tenter activement de le tuer était perçu comme la seule solution de cohabitation entre lui et le reste de la société, et pourtant il n’a suffi que de quelques mots de Naruto pour renverser complètement ce rapport de force, seulement il s’agit de mots que personnes dans son village n’avait daigné faire l’effort de croire et de dire.

Je sais ce que tu ressens… au point d’en avoir mal moi-même. Mais tu vois, j’ai rencontré des gens qui sont devenus très important pour moi. Et la dernière chose que je souhaite… c’est de les voir souffrir ! Parce qu’il m’ont sorti de l’enfer de la solitude !

Naruto, Episode 80

Au final, si la difficulté et la violence de vivre avec un démon est réelle, ce qui est déterminant dans la qualité de vie et la survie des réceptacles, c’est avant tout la place qui leur est accordé dans leur village, et à quel point la société dans laquelle ils vivent s’attèle à les intégrer et à leur donner les ressources nécessaires pour s’épanouir avec leur condition.

Et le modèle social du handicap, et bien c’est exactement ça !

Il s’agit d’affirmer que oui, le handicap est en partie une condition individuelle qui créer des difficultés et des souffrances indépendamment du contexte dans lequel on le vit, mais aussi, et souvent bien plus, une situation sociale dans laquelle on est mis par l’exclusion, le refus de droits fondamentaux, et l’absence de ressources dédiées à l’accessibilité et au soin.

Ainsi, la libération, l’égalité et l’intégration des personnes handicapées peut et doit passer par l’égalité des droits, la protection contre les discriminations et l’investissement dans des infrastructures et des outils qui permettent de vivre avec le handicap.

En conclusion, tant qu’on se comportera en tant que société vis-à-vis du handicap comme Rasa ou Hiruzen devant les réceptacles, à ne proposer aucune autre solution que l’éradication ou le tabou, ben on sera pas sortis de l’auberge…

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