5 raisons de porter le masque en 2025 đŸ˜·

Beaucoup d’entre nous sommes devenu·es familier·es du port du masque en 2020 et 2021 lors du dĂ©but de la pandĂ©mie de CoVID et lorsqu’il a Ă©tĂ© rendu obligatoire pendant un temps. Depuis, la majoritĂ© a aussi cessĂ© de le porter
 mais pas tout le monde. Je fais partie des gens qui portent encore le masque au quotidien en 2025, et si ce n’est pas votre cas, je voulais vous donner quelques raisons de vous y remettre aussi cette annĂ©e.

Avant toute chose je vais commencer par parler briĂšvement des types de masques et de ce qu’ils font, parce qu’il y a eu beaucoup de dĂ©sinformation depuis le dĂ©but de la pandĂ©mie (par exemple : « porter le masque ne protĂšge que les autres Â») donc c’est utile de remettre ça Ă  plat, et aprĂšs je vous raconte mes raisons de le porter.

Les différents types de masques

Tout d’abord donc, parlons un peu de ce que sont les masques et à quoi ils servent.

À l’heure actuelle, le tout un chacun français va principalement avoir accĂšs Ă  trois types de masque :

Les masques chirurgicaux, qui sont les plus connus et les plus disponibles, et ceux que la majoritĂ© d’entre nous ont utilisĂ© lors du port du masque obligatoire, qui sert Ă  protĂ©ger les autres et dans une certaine mesure, soi-mĂȘme, de ce que dans les media on a souvent appelĂ© « les gouttelettes Â».

C’est-Ă -dire, les grosses particules Ă©mises lorsque l’on respire et parle. Pour le dire vulgairement, il s’agit de ne pas se postillonner dessus. C’est une peu plus subtile que ça parce qu’on ne parle pas uniquement des gros postillons visibles Ă  l’Ɠil nu, mais c’est quand mĂȘme l’idĂ©e.

En revanche, le masque chirurgical ne protĂšge pas des petites particules en suspens dans l’air. Pensez : la vapeur d’eau visible quand on respire dans le froid. Quand on respire, on produit un nuage d’air expirĂ©, qui contient plein de choses, et en l’occurrence ce qui nous intĂ©resse notamment ici, des agents pathogĂšnes comme les virus.

Et c’est comme ça que se transmet le CoVID. Par le fait de respirer l’air expirĂ© par une personne contaminĂ©e. Pour ça, il n’y a pas besoin d’ĂȘtre physiquement proche de la personne, contrairement aux grosses gouttelettes, et on a mĂȘme pas besoin d’ĂȘtre dans la mĂȘme piĂšce en mĂȘme temps, puisque ces particules fines restent en suspens dans l’air mĂȘme aprĂšs que la personne qui les a expirĂ©es soit partie. On peut donc par exemple tout Ă  fait ĂȘtre contaminé·e par le patient prĂ©cĂ©dent de notre mĂ©decin qui a respirĂ© dans son bureau ou dans la salle d’attente, mĂȘme si on ne l’a jamais croisĂ©.

Le masque chirurgical Ă  ses intĂ©rĂȘts, mais, pour les usages qui nous concernent ici, il est trĂšs peu efficace, et c’est notamment pour ça qu’au dĂ©but de la pandĂ©mie on disait au gens que le port du masque ne les protĂ©geait pas. Parce que la population n’avait accĂšs quasiment qu’à des masques chirurgicaux et, pour eux, c’est le cas.

Heureusement, nous ne sommes plus au début de la pandémie, et la majorité de la population a désormais accÚs à nos amis les masques FFP.

Les masque de norme « FFP Â» sont appelĂ©s masques dans le langage courant, mais ce ne sont pas des masques, ce sont des appareils de protection respiratoire, APR, c’est-Ă -dire qu’ils sont faits pour protĂ©ger le porteur des particules en suspension dans l’air. Ça tombe bien, c’est ça qu’on veut !

Ils sont plus Ă©tanches et surtout filtrent des particules jusqu’à 5 fois plus petites que les masques chirurgicaux. Il en existe trois niveaux : FFP1 qui filtrent au moins 80% de ces particules, FFP2 qui filtrent au moins 94% et FFP3 qui filtre au moins 99%.

Les FFP2 sont relativement accessibles et peu chers. À l’heure oĂč j’écris cette vidĂ©o, Pharma GDD en vend 10 pour 2,19€ et Medisafe en vend 50 pour 9,95€. Votre pharmacie locale en a peut-ĂȘtre aussi, ou est susceptible d’en commander sur demande. Si vous ĂȘtes prĂȘt Ă  dĂ©penser un peu plus, il est aussi possible d’en trouver des colorĂ©s, Ă  motif, etc.

Et enfin les FFP3 sont aussi accessibles Ă  la population gĂ©nĂ©rale, mais avec un budget assez nettement supĂ©rieur. Au moment oĂč j’écris cette vidĂ©o, ceux de la boutique Amazon de 3M sont Ă  57,43€ les 20.

Si vous souhaitez vous protĂ©ger au maximum et/ou que vous ĂȘtes confrontĂ© Ă  un risque d’exposition trĂšs Ă©levĂ©, les FFP3 restent une option qui reste pertinente, mais la majoritĂ© de la population pourra et voudra se contenter de FFP2, qui offrent Ă  la fois une bonne protection tout en Ă©tant peu cher. Ce sont aussi gĂ©nĂ©ralement ceux fournis par les Mask Bloc, les associations de distribution de masques gratuits.

Maintenant qu’on a toutes ces infos en tĂȘte, pourquoi porter le masque en 2025 ?

1 – Se protĂ©ger des infections aĂ©roportĂ©es

Comme on le disait juste avant, un certain nombre d’infections sont aĂ©roportĂ©es, c’est-Ă -dire qu’elle se transmette par l’air partagĂ©, et les masques FFP peuvent servir Ă  s’en protĂ©ger.

C’est le cas du CoVID qui, non, n’a pas du tout disparu, et qui n’est pas une maladie bĂ©nigne, mĂȘme pour les personnes en bonne santĂ©. Si les risques de dĂ©cĂšs sont trĂšs faibles pour les personnes qui ne prĂ©sente pas de grave facteur de risque, et a fortiori si vous ĂȘtes vaccinĂ©, le risque de CoVID long, lui est trĂšs rĂ©els.

Le CoVID Long, ce sont des symptĂŽmes handicapants qui persistent pendant plus de 6 mois aprĂšs l’infections et, dans beaucoup de cas, plusieurs annĂ©es Ă  toute la vie. J’ai moi-mĂȘme un CoVID Long qui me cause des troubles nerveux et vasculaire trĂšs handicapant au quotidien, et franchement, je ne recommande pas. Cet article Ă©tait censĂ© ĂȘtre une vidĂ©o, mais cela fait maintenant trois semaines que je suis en trop mauvais Ă©tat pour sortir de mon lit et m’asseoir assez longtemps pour un tournage parce que j’ai fait plus d’effort que ce que mon corps malade chronique peut tolĂ©rer, Ă  savoir : je suis sorti de chez moi et j’ai parlĂ© avec des gens 4h. Pas trĂšs fun.

DiffĂ©rentes Ă©tudes ont Ă©tĂ© faites pour dĂ©terminer quel pourcentage d’infections CoVID menaient Ă  des CoVID Longs, et les Ă©tudes avec les chiffres les plus bas sont a 10%, quand certaines vont jusqu’à 48%, sur des Ă©chantillons de population de 100 000 personnes, donc assez large. On parle ici bien des chiffres dans la population gĂ©nĂ©rale, pas sur les personnes particuliĂšrement Ă  risque car dĂ©jĂ  malade, pour qui les chiffres sont d’autant plus haut.

Le CoVID Long n’a Ă  l’heure actuel aucun traitement pour une guĂ©rison, seulement des traitements qui peuvent amenuiser certains symptĂŽmes sans pour autant les faire disparaĂźtre.

Les symptĂŽmes les plus courants sont la fatigue chronique, des malaises post-effort (donc par exemple si vous allez faire les courses vous ĂȘtes tellement Ă©puisĂ© que vous devez rester 3h au lit dans le noir par la suite, ou comme moi, au lit pendant trois semaines aprĂšs avoir socialisĂ©), la dysautonomie, donc une dĂ©rĂ©gulation du systĂšme nerveux qui cause entre autres des troubles du rythme cardiaque et de la pression artĂ©rielles, et des troubles cognitifs comme de la confusion, des problĂšmes de concentration, et de mĂ©moire. On peut aussi retrouver des choses comme des caillots sanguin et un syndrome d’immunodĂ©ficience acquise, donc votre systĂšme immunitaire qui se fait la malle, comme dans le VIH, sauf qu’on a pas de traitement.

Les risques lors de l’infection aiguĂ« sont faibles pour la majoritĂ© de la population, mĂȘme si ce n’est jamais agrĂ©able d’ĂȘtre malade, mais les risques de handicap et de maladie chronique qui suivent eux, sont Ă©levĂ©s pour tout le monde, sĂ©vĂšre, et sans traitement. Vous protĂ©ger du CoVID est Ă  l’heure actuelle une des meilleures choses que vous pouvez faire pour prĂ©server votre santĂ© au long terme.

Porter le masque en intĂ©rieur avec d’autres personnes, et en particulier d’autres personnes nombreuses comme dans les transports, les magasins, les concerts et cinĂ©ma, etc. et ĂȘtre en extĂ©rieur si possible comme manger en terrasse plutĂŽt qu’en restaurant est la meilleure maniĂšre de faire cela.

Mais il n’y a pas que le CoVID dans la vie ! Bien qu’elles soient pour la majoritĂ© moins dangereuses, d’autres infections aĂ©roportĂ©es existent. On parle notamment de la grippe, qui fait quand mĂȘme bien 10 000 morts par an en France, c’est pas rien, et de toute un tas d’angines et de rhumes divers et variĂ©es. Qu’elles ne risquent pas de vous tuer si vous n’ĂȘtes pas Ă  risque n’est pas forcĂ©ment une bonne raison pour vous les infligez. Ne pas ĂȘtre malade est toujours plus agrĂ©able que l’inverse.

La grippe aviaire est elle aussi aĂ©roportĂ©e, et Ă  l’heure oĂč l’épidĂ©mie s’aggrave considĂ©rablement aux États-Unis et trouve de nouveaux foyers en France, reprendre l’habitude du port du masque vous sera aussi utile si la situation dĂ©gĂ©nĂšre plus qu’elle ne l’a fait pour l’instant, ce qui n’est pas certain, mais quand mĂȘme relativement possible

Enfin, la tuberculose aussi est aĂ©roportĂ©, et bien que les chiffres soient trĂšs faibles en France, il est bon de se rappeler que c’est la maladie infectieuse qui tue le plus chaque annĂ©e dans le monde (en dehors des annĂ©es oĂč le CoVID l’a dĂ©passĂ©.) Donc, si vous voyagez dans des pays oĂč les risques sont beaucoup plus Ă©levĂ©s, comme l’Inde ou l’IndonĂ©sie par exemple, ce n’est pas une mauvaise idĂ©e d’y faire attention.

2 – La pollution

Bien que les masque FFP ne soient pas adaptĂ©s pour toutes les particules (par exemple, si vous utilisez des peintures en bombe toxiques, il vous faudra autre chose) ils filtrent un certain nombre de particules nĂ©fastes dans l’air. On parle ici plutĂŽt donc de l’intĂ©rĂȘt du port du masque en extĂ©rieur.

Si vous n’avez pas de problĂšmes respiratoires particulier, il n’est pas nĂ©cessaire au quotidien, mais peut s’avĂ©rer utile lorsque la qualitĂ© de l’air est trĂšs dĂ©gradĂ©e, par exemple lors des pics de pollutions, des incendies, ou des manifestations pleines de fumigĂšnes et de bombe lacrymo.

Si vous avez des problĂšmes pulmonaires comme de l’asthme par exemple, le port du masque peu limiter l’exposition Ă  des dĂ©clencheurs que vous avez identifiĂ© dans votre quotidien.

3 – Les allergùnes

Comme pour la pollution, suivant les particules et leur taille, tout ne sera pas forcĂ©ment filtrĂ© par un masque FFP, mais si vous ĂȘtes allergiques Ă  certains pollens, le port du masque en extĂ©rieur au moins lors des pĂ©riodes de pollinisation devrait vous aider au quotidien. De la mĂȘme maniĂšre, les allergiques aux acariens comme moi apprĂ©cieront le port du masque au moment de changer les draps, de passer l’aspirateur, ou de faire la poussiĂšre sur les Ă©tagĂšres.

Cela concerne aussi un certains nombre de dĂ©clencheurs pour les personnes avec un SAMA (Syndrome d’Activation MAstocytaire), courant notamment chez les personnes avec le SED ou post-CoVID.

4 – L’anti-validisme visible

Raison suivante, et pas des moindre : l’anti-validisme, aka, la solidaritĂ© avec les personnes handicapĂ©es.

RĂ©duire vos risques d’attraper une maladie infectieuse, c’est forcĂ©ment rĂ©duire vos risques de la refiler Ă  quelqu’un d’autre. Et porter le masque rĂ©duit aussi vos risques de contaminer les personnes autour de vous lorsque vous ĂȘtes malades, donc c’est une double protection.

MĂȘme en admettant que vous n’ayez rien Ă  craindre des infections courantes, ce qui, on l’a vu, n’est pas le cas, porter le masque est une maniĂšre efficace de protĂ©ger les personnes plus vulnĂ©rables autour de vous. Vos proches, bien sĂ»r, mais aussi toutes les personnes handicapĂ©es que vous croisez dans l’espace public, parce que nous existons.

Les personnes handicapĂ©es et immunodĂ©primĂ©s ont besoin de faire leur course, prendre le bus et aller chez le mĂ©decin. Vous en croisez tous les jours, et si vous voulez les protĂ©ger et ne pas contribuer davantage Ă  leur maladie et leur isolement, rendre les espaces publics moins dangereux en portant le masque est une bonne idĂ©e !

Au-delĂ  de la protection physique, mon expĂ©rience en tant que personne qui porte le masque au quotidien et qui est visiblement handicapĂ© et qui a un corps visiblement mĂ©dicalisĂ©, parce que je suis en fauteuil roulant ou que j’ai une machine Ă  oxygĂšne dans ma chambre par exemple, c’est que beaucoup de personne sont mal Ă  l’aise et on peur du matĂ©riel mĂ©dical, dont les masques.

Le port du masque ne m’empĂȘche pas du tout de communiquer, d’ĂȘtre lĂ , d’échanger, d’avoir de l’affection avec les gens avec qui je masque et de passer du temps de qualitĂ© et important et apprĂ©ciĂ©. Pourtant, on me dit rĂ©guliĂšrement que c’est triste, que c’est dommage, que ça fait bizarre quand mĂȘme, que c’est comme si je n’étais pas vraiment lĂ .

Je pense qu’il est vraiment important pour la qualitĂ© de vie des personnes handicapĂ©es de normaliser l’usage de matĂ©riel mĂ©dical au quotidien. Le fait que je porte un masque, que je sois dans mon fauteuil, que quelqu’un soit en train de porte un masque Ă  oxygĂšne, ou un corset, ou que sais-je, ne devrait pas rendre la situation gĂȘnante ou distante. Parce que ces outils sont associĂ©s au mĂ©dical et Ă  des prĂ©jugĂ©s nĂ©gatifs, les personnes autour de nous sont mal Ă  l’aise et ont soudainement l’impression de ne plus pouvoir interagir normalement avec nous alors qu’il est aussi normal pour moi de porter le masque ou d’ĂȘtre dans mon fauteuil que de mettre un caleçon et des chaussures.

D’ailleurs, j’ai une petite fille de 2 ans dans mon entourage proche qui me voit donc rĂ©guliĂšrement masquĂ© alors qu’elle n’a pas connu la pĂ©riode oĂč tout le monde masquait, donc je suis globalement la seule personne masquĂ©e qu’elle ait vu de sa vie, et ça se passe super bien. Ça ne lui pose aucun problĂšme parce qu’elle n’a pas associĂ© ça comme beaucoup d’adulte a des clichĂ©s malaisants, que c’est juste comme ça que je suis, et puis c’est tout.

Porter le masque au quotidien et dans des lieux publics et des occasions de socialisation, c’est aussi participer Ă  normaliser le masque et les outils mĂ©dicaux en gĂ©nĂ©ral et apprendre Ă  tout le monde que ces outils font partie de quotidien, que ce n’est pas un problĂšme, et qu’on peut tout Ă  fait interagir normalement avec des personnes qui utilisent des aides mĂ©dicales au quotidien. Et ça fait une vraie diffĂ©rence pour nous.

5 – Un peu d’espoir dans ce monde fasciste de merde

Je sais pas si vous avez remarquĂ©, mais la situation politique nationale et internationale est un peu bof. Si vous l’avez remarquĂ©, comme moi et comme beaucoup d’autre, vous vous sentez possiblement dĂ©sespĂ©ré·es et dĂ©muni·es. Et dans ce cas, j’ai une bonne nouvelle pour vous !

Le port du masque est un geste anti fasciste simple, accessible Ă  la majoritĂ©, et efficace Ă  petite et Ă  grande Ă©chelle. Si vous cherchez un moyen d’ĂȘtre proactif·ves dans le contexte politique actuel, c’est un trĂšs bon point de dĂ©part.

Posons-nous deux minutes pour voir ce que cela veut dire.

Protéger ses pairs

PremiĂšrement, on le sait, la pandĂ©mie de CoVID, et plus gĂ©nĂ©ralement la situation sanitaire (moins de soignant, moins de lits d’hĂŽpitaux, moins de remboursement, plus de pandĂ©mies, moins de mesures sanitaires pour les stopper
) touchent plus gravement les personnes marginalisĂ©es.

J’ai amplement parlĂ© des personnes handicapĂ©es jusqu’ici (et c’est important) mais les personnes pauvres, les personnes racisĂ©s, les personnes queer, les femmes, etc. sont toutes plus gravement touchĂ©es par ces enjeux. C’est vrai en gĂ©nĂ©ral, et dans le cas du CoVID en particulier. Le CoVID long, par exemple, touche deux fois plus les personnes trans que cis, ce qui est logique puisqu’on parle d’une population plus pauvre, moins bien soignĂ©e, plus isolĂ©e, et plus handicapĂ©es pour ces mĂȘmes raisons.

Ce dĂ©sĂ©quilibre dans l’impact des crises sanitaires sur les diffĂ©rentes classes sociales n’est pas dĂ©connectĂ© du fait que les gouvernements, notamment fachisants, se dĂ©sintĂ©ressent de la question. Une maladie qui tue les pauvres, les handicapĂ©es, les non-blancs et les queers, c’est bien quelque chose qui les arrange. Et s’organiser collective pour faire de l’autodĂ©fense sanitaire et protĂ©ger les populations minorisĂ©s que nos gouvernement prĂ©fĂ©reraient voir crever, c’est un geste Ă  la fois trĂšs concret puisqu’il sauve des vie, et un riposte symbolique Ă  l’idĂ©e placardĂ©e partout que les fragiles sont dispensables et qu’il est lĂ©gitime de les laisser mourir.

Combattre l’eugĂ©nisme

DeuxiĂšmement, on peut observer le lien historique entre les Ă©pidĂ©mies, leur traitement, et la montĂ©e du fascisme. Notamment dans l’enchaĂźnement de la pandĂ©mie de grippe espagnole et de la montĂ©e du fascisme dans les annĂ©es 20.

Les pandĂ©mies, ou plutĂŽt leur traitement mĂ©diatique et politique, ouvrent la porte Ă  la montĂ©e des idĂ©ologies eugĂ©nistes et individualistes : les faibles meurent, et c’est tant mieux. Ou, dans sa version politiquement correcte : le CoVID ce n’est pas grave, ça ne tue que les personnes Ă  risque.

Il y a 5 ans, la gauche soutenait globalement le port du masque et la nĂ©cessitĂ© de protĂ©ger les plus vulnĂ©rables, et ĂȘtre anti-masque Ă©tait vu comme une position antiscience et souvent d’extrĂȘme droite. Maintenant, alors que la pandĂ©mie fait toujours des dizaines de milliers d’handicapé·es Ă  travers le pays, le discours a changĂ©. Ces mort·es et handicapé·es sont devenu acceptables. La grande majoritĂ© de la population a Ă©tĂ© dĂ©sensibilisĂ© Ă  ces morts de masse, notamment sous l’argument que les vies en question ne comptaient pas tant, car elles Ă©taient dĂ©fectueuses et improductives. Pour rappel, c’est exactement comme ça qu’ont commencĂ© les exterminations de masses par le rĂ©gime nazi en 1939 : la dĂ©shumanisation des personnes handicapĂ©es et leur dĂ©portation dans les camps d’exterminations lors de l’Aktion T4.

Il est impossible de lutter contre le fascisme sans lutter contre l’eugĂ©nisme et la dĂ©shumanisation des vies considĂ©rĂ©es comme fragiles, improductive et sans valeurs. Il est impossible de lutter contre le fascisme sans dĂ©faire dans nos tĂȘtes la propagande validistes qui nous convainc que ce n’est finalement pas si grave si on laisse mourir les personnes ĂągĂ©es et handicapĂ©es. C’est souvent lĂ  que le fascisme commence, et une fois que l’on a acceptĂ© cette idĂ©e pour une population, on est beaucoup plus mallĂ©able Ă  l’accepter pour d’autres. (On pourra aussi faire des parallĂšles avec l’usage de la transphobie comme porte d’entrĂ©e dans le fascisme.)

Le fait qu’autant de personnes de gauche, y compris la majoritĂ© des militant·es antifascistes, ait Ă©tĂ© converties aussi vite et efficacement Ă  l’eugĂ©nisme, Ă  la dĂ©shumanisation des plus fragiles et la dĂ©valuation de leur mort devrait nous alerter au plus haut point. Ne pas se soucier de l’auto-dĂ©fense sanitaire, c’est ouvrir grand dans nos tĂȘtes la porte Ă  la propagande eugĂ©niste et fasciste.

Il est nĂ©cessaire de d’affirmer, pour nous et pour les autres, que toutes les vies humaines comptent, et que nous refusons de participer Ă  une crise sanitaire qui tue les personnes marginalisĂ©es en nous disant que ce n’est pas un problĂšme.

Apprendre à résister

Enfin, bien sĂ»r, je le sais, pleins de personnes sont idĂ©ologiquement plus ou moins d’accord avec tout ça mais ne se remette pas au port du masque parce que « c’est compliquĂ© Â» « c’est inconfortable Â» « c’est isolant Â» etc.

DĂ©jĂ , ce n’est pas forcĂ©ment vrai, on y reviendra juste aprĂšs. Mais aussi : rĂ©sister contre le fascisme, c’est des fois compliquĂ©, inconfortable et isolant, et il faut le faire quand mĂȘme.

Beaucoup d’entre nous se sont sĂ»rement dĂ©jĂ  demandĂ© « si le fascisme s’empirait encore plus, qu’est-ce que je serais capable de faire pour rĂ©sister ? Â» Et pour moi, personnellement, la rĂ©ponse est souvent « j’en sais rien. Â» Bien sĂ»r que j’ai envie de croire que je serais prĂȘt Ă  faire pĂ©ter des trains et cacher des gens dans ma cave. Mais en vrai ? Et je pense que je ne suis pas le seul.

Porter un FFP2 pour faire les courses est probablement une des actions anti fasciste les plus simples et accessibles Ă  la majoritĂ© d’entre nous. C’est la porte d’entrĂ©e la plus facile pour commencer Ă  ĂȘtre capable de se prĂ©senter publiquement et dire « je vais faire ça parce que c’est ce qu’il faut faire, mĂȘme si on me dit de faire l’inverse, mĂȘme si on me regarde bizarrement, mĂȘme si on me juge. Â» C’est le minimum auquel il va falloir nous habituer, le minimum qu’il va falloir apprendre Ă  ĂȘtre prĂȘt Ă  faire s’il on veut ĂȘtre capable de rĂ©sister un tant soit peu au fascisme dans notre quotidien.

Le port du masque ne fera pas tomber le fascisme tout seul. Mais il sauvera peut-ĂȘtre la vie de votre voisine de 80 ans, la santĂ© de votre pote trans qui n’a aucun accĂšs au soin ou Ă  un arrĂȘt maladie le jour oĂč elle chope le CoVID et est deux fois plus Ă  risque de s’en tirer avec des sĂ©quelles, et votre capacitĂ© Ă  vous pointer dans un asso pour faire du taf utile Ă  votre communautĂ© parce que vous n’aurez pas Ă©tĂ© handicapĂ© Ă  vie par une infection Ă©vitable.

Le port du masque ne fera pas tomber le fascisme tout seul, mais il vous entraßnera, vous et les gens devant qui vous le porterez, à ne pas vous laisser manger par la propagande fasciste qui veux nous faire croire que certaines vies sont dispensables, que nous devrions tous et toutes marcher sur elles pour préserver notre confort, et que tout signe visible de vulnérabilité ou de soutiens aux personnes vulnérable est un stigmate honteux.

Et c’est dĂ©jĂ  beaucoup.

Le port du masque, version réaliste

Le port du masque, et en particulier des masques FFP2 et FFP3, est trĂšs utiles pour se protĂ©ger notre santĂ© et celle des autres, et pour lutter concrĂštement et idĂ©ologiquement contre le fascisme en gĂ©nĂ©ral et le validisme en particulier, et je vous encourage vivement Ă  vous y remettre !

Cela Ă©tant, mĂȘme si je crois sincĂšrement que le port du masque est beaucoup plus facile et confortable que ce que beaucoup de gens croient et prĂ©tendent, je ne veux pas non plus prĂ©tendre qu’il est Ă©vident dans toutes les situations, il me paraĂźt pertinent de finir cette vidĂ©o sur quelques propos qui reconnaissent ces limites et sur comment rĂ©alistiquement implanter le port du masque au quotidien.

Personnellement, j’ai une politique de masque trĂšs strictes dans mon quotidien, et je ne dĂ©masque jamais en intĂ©rieur avec quelqu’un qui ne masque pas autant que moi, y compris ma famille par exemple. Mon Ă©tat de santĂ© ne me permet pas de faire moins que ça, je ne veux pas sacrifier le peu de santĂ© qu’il me reste pour faire plaisir Ă  des gens qui trouvent ça triste de pas voir mon sourire mais n’ont pas envie de faire des efforts pour m’éviter de devenir plus handicapĂ© que je ne le suis dĂ©jĂ . Si c’est aussi votre cas, c’est possible. Vous avez le droit et vous pouvez poser cette limite-lĂ . Et je vous promets que ma vie se passe beaucoup mieux depuis que je fais ça.

Mais si cette limite est trop difficile Ă  maintenir pour vous, ce que je peux tout Ă  fait entendre, je pense qu’il est bon de rĂ©pĂ©ter que toute protection est bonne Ă  prendre.

Masquer dans les transports, les commerces et les lieux de soin, par exemple, est relativement facile et sans risque, et c’est dĂ©jĂ  une protection considĂ©rable par rapport Ă  ne pas le faire du tout, mĂȘme si vous voyez quand mĂȘme vos amis et familles et collĂšgues sans masque. Masquer un peu, c’est mieux que de ne pas masquer du tout. Pour vous, et pour les autres.

La raison pour laquelle beaucoup de personnes comme moi sont obligĂ©es d’avoir des rĂšgles aussi strictes, c’est que personne d’autre ne le fait. Si tout le monde masquait dans les contextes dans lesquels il le peut facilement, les contextes sans masque serait dĂ©jĂ  beaucoup moins dangereux.

Dans ma situation, je ne peux Ă©videmment que vous encourager Ă  masquer un maximum, mais un peu, c’est dĂ©jĂ  une progression. Il n’y a pas besoin d’abandonner le port du masque complĂ©tement juste parce que vous ne pouvez pas ou vous sentez pas capable de le porter dans certains contextes.

Enfin avant de vous quitter je voulais partager deux autres choses :

D’une part, il existe des solutions autre que le port du masque. Notamment d’une part, aĂ©rer quand c’est possible, et utiliser des purificateurs d’air avec des filtres HEPA, qui filtre, entre autres les virus de l’air, mais aussi certains polluants et allergĂšnes. C’est une peu des masques FFP mais pour votre ventilateur, si vous voulez. Je vous mets un lien dans la description, rien n’est sponsorisĂ©, c’est juste bien. Et les spray nasaux anti-viraux et les bains de bouche au chlorure de cĂ©tylpyridinium, qui peuvent tous les deux contribuer Ă  tuer le virus dans votre nez et votre bouche.

Ces deux options ne remplacent pas le port du masque et ne sont pas aussi efficaces, mais peuvent ĂȘtre une bonne action complĂ©mentaire au port du masque pour limiter encore plus les risques, ou dans les contextes ou le port du masque n’est pas possible ou pas mis en place, parce qu’encore une fois, un peu de protection c’est mieux que rien.

D’autre part je voulais partager mes trois conseils d’expĂ©rience sur comment porter le masque confortablement :

  1. Trouver des masques qui vous vont bien. Dans lesquels vous vous sentez confortables, en sĂ©curitĂ©, et en confiance. Il existe plusieurs forme, taille, couleurs, maniĂšre de les attacher, etc. C’est important de trouver celles qui fonctionnent pour vous. Ça veut dire confortable physiquement, qui tiennent bien et que vous ne passiez pas votre temps Ă  vous demander s’ils fuient ou s’ils tombent, et aussi que vous trouvez joli. C’est important si vous allez les porter au quotidien que ce ne soient pas des fardeaux, et ça fait une rĂ©elle diffĂ©rence.
  2. Nommer vos limites et ne demandez pas l’autorisation. Dites « Je suis Ă  risque pour le CoVID donc je vais masquer Ă  l’extĂ©rieur. Â» ou « Je souhaite me protĂ©ger du CoVID donc je voudrais qu’on mange en terrasse. Â» ou « Je viendrais samedi mais je vais masquer. Â» plutĂŽt que « est-ce que c’est ok si je masque ? Â» ou « je prĂ©fĂ©rais qu’on se mettent en terrasse si ça vous dĂ©range pas. Â» D’une part Ă©videmment ça laisse moins de place Ă  se faire dire non, donc ça marche mieux. Mais d’autre part, dans mon expĂ©rience, c’est aussi plus confortable pour les autres. En ne demandant pas leur avis au gens, vous ne les rendez pas responsable de prendre la dĂ©cision pour vous, d’y rĂ©flĂ©chir, d’avoir la conversation pĂ©nible de « ah bon, mais pourquoi ? Â» etc. C’est comme ça, c’est tout, on peut passer Ă  autre chose. S’il est utile d’avoir cette discussion des fois, ce n’est pas possible ou souhaitable tout le temps, et pauser des limites en autonomie sans demander l’approbation des personnes autour permet d’éliminer une partie de poids.
  3. Trouver d’autres personnes qui y accordent de l’importance. D’une part c’est bon pour votre santĂ©, et d’autre part c’est beaucoup plus facile de faire attention quand on est avec d’autres personnes qui font leur part et qui ne vous mettent pas la pression dans l’autre sens. La quasi-totalitĂ© de mes amis font trĂšs attention au CoVID, et donc ça demande trĂšs peu d’effort et de logistique de se retrouver, c’est une Ă©vidence de manger dehors, etc. L’alternative Ă  « trouver des gens qui le font dĂ©jĂ  Â» Ă©tant « parler du port du masque Ă  vos proche pour les encourager dans cette direction aussi, pour leur bien et le vĂŽtre. Â»

Je vous mettrais en fin de cet article, bien sĂ»r des sources sur mes affirmations, des liens vers les outils dont je parle, des liens vers des asso qui bosse sur la prĂ©vention CoVID et la santĂ© publique, et aussi le lien d’un article que j’ai Ă©crit il y a quelques mois sur mon expĂ©rience de porter le masque Ă  un mariage dans ma famille et oĂč je parle de comment on a fait ça avec mon conjoint, de comment ça s’est passĂ© (spoiler : trĂšs bien) et des leçons que j’en ai tirĂ© (spoiler : c’est possible et je me sens encouragĂ© Ă  continuer dans cette direction).

Si vous avez des questions ou des tĂ©moignages n’hĂ©sitez pas dans les commentaires, je les lis tous. Si cette vidĂ©o vous a intĂ©ressĂ©e, ou j’espĂšre convaincu, n’hĂ©sitez pas Ă  lui laisser un pouce bleu et Ă  la partager Ă  d’autres sceptiques autour de vous.

Sur ces bonnes paroles, portez-vous bien, masquez, et Ă  bientĂŽt !

Sources

Mask Blocs fournissant des masques gratuitement :

Masques FFP2 :

Masques FFP3 :

Purificateurs d’air :

  • Attention, tous les purificateurs d’air ne se valent pas ! Ceux de Trotec sont gĂ©nĂ©ralement de bonne qualitĂ©, mais si vous voulez plus d’information, je vous encourage Ă  regarder cette vidĂ©o par Healthy Home Guide (en anglais, sous-titres automatiques) : https://www.youtube.com/watch?v=gaQTYrisieA

Bain de bouche CPC :

Spray nasal anti-viral :

[FR, article] « Les diffĂ©rents type de masque Â» par l’INRS (l’Institut National de Recherche et de SĂ©curitĂ© pour la prĂ©vention des accidents du travail et des maladies professionnelles) : https://www.inrs.fr/risques/biologiques/faq-masque-protection-respiratoire.html

[FR, article] « 65 MILLIONS DE COVID LONG ET ÇA CONTINUE : un aperçu de la recherche COVID aprĂšs 4 ans et demi de pandĂ©mie Â» par ACT UP et Winslow : https://www.actupparis.org/2024/07/15/65-millions-de-covid-long-et-ca-continue-un-apercu-de-la-recherche-covid-apres-4-ans-et-demi-de-pandemie/

[FR, association] Site de l’ARRA, Association pour la RĂ©duction des Risques AĂ©roportĂ©s : https://associationarra.wordpress.com/

[FR, association] Site de Winslow SantĂ© Publiques, une association de lutte contre le CoVID et pour la santĂ© publique : https://winslow.fr/

[FR, groupe de socialisation] Site de Pandemeet, un groupe de socialisation pour rencontrer d’autres personnes prennant des prĂ©cautions vis-Ă -vis du CoVID : https://sites.google.com/view/pandemeet/accueil

[EN, article] Â« History shows that pandemics lead to fascism Â» par Shira Lurie : https://rabble.ca/health/history-shows-that-pandemics-lead-to-fascism/

[EN, article] Un article sur l’immunodĂ©ficience acquise post-COVID par World Health Network : https://whn.global/public-service-announcement/

[FR, article] « 100 questions / réponses sur la mastocytose » (dont le SAMA) par le CEREMAST : https://maladiesrares-necker.aphp.fr/100-questions-reponses-sur-la-mastocytose/#1535447574126-b493ae83-2dc2

[EN, article] « Long COVID: major findings, mechanisms and recommendations Â» par Hannah E Davis et al. : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9839201/

[EN, article] « Outcomes among confirmed cases and a matched comparison group in the Long-COVID in Scotland study Â» par Claire E Hastie et al. : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9556711/

[EN, article] « Long COVID in transgender and gender nonbinary people in the United States Â» par Andrea L. Wirtz et al. : https://www.nature.com/articles/s41598-024-84519-5

[FR, article] « La mortalitĂ© liĂ©e Ă  la grippe saisonniĂšre en France Â» par Tristant Gaudiaut : https://fr.statista.com/infographie/11358/mortalite-de-la-grippe-en-france/

[FR, article] « Covid-19 : les bains de bouche au CPC font baisser la charge virale selon Colgate et Unilever Â» : https://www.information-dentaire.fr/actualites/covid-19-les-bains-de-bouche-au-cpc-font-baisser-la-charge-virale-selon-colgate-et-unilever/

2 Comments on “5 raisons de porter le masque en 2025 đŸ˜·

  1. Bonjour !
    C’est trĂšs intĂ©ressant, ça fait rĂ©flĂ©chir, je vais me renseigner et essayer de trouver des masques dans lesquels je me sens bien.
    Au quotidien, comment faites-vous ? Utilisez-vous effectivement un masque diffĂ©rent Ă  chaque fois que vous devez l’enlever pour boire par exemple ? Si oui, comment vous organisez-vous pour que votre rythme de vie ne tourne pas entiĂšrement autour du masque lui-mĂȘme ?
    Quel budget est à prévoir pour le port quotidien du ffp2 ?
    Je travaille dans le commerce, avec bruits ambiants et nĂ©cessitĂ© de me faire entendre, comment gĂ©rer Ă©motionnellement le fait de masquer autant d’heures par jour ?
    J’ai des troubles psys incluant de la dissociation et dĂ©personnalisation, et souvent je « chasse » la dissociation en me touchant le visage, de façon Ă  reprendre mes repĂšres physiques et spatiaux : quels conseils peux-tu me donner si je commencer Ă  porter le masque ?
    Beaucoup de questions pour lesquelles j’espĂšre trouver des rĂ©ponses, merci pour ton attention.

    • Pleins de bonnes question !

      On peut tout Ă  fait enlever un masque et le remettre si besoin au court de la journĂ©e. Le covid ne survit pas longtemps dessus et les risques de contamination par les mains sont trĂšs faibles. IdĂ©alement, il faut essayer de ne pas se toucher le nez/la bouche/les yeux aprĂšs avoir touchĂ© le masque et sans s’ĂȘtre d’abord lavĂ© les mains, mais cela est vrai sans le masque aussi : il faut Ă©viter de se toucher le visage avec des mains qui ont touchĂ© n’importe quel objet dans un lieu public. Le port du masque ne crĂ©e donc a priori pas de risque ou consigne supplĂ©mentaire de ce cĂŽtĂ©.

      Les masques FFP2 sont thĂ©oriquement Ă  usage unique, cependant encore une fois, le covid ne survit pas longtemps dessus, donc suivant nos moyens ont peut les rĂ©utiliser. Ils ne sont pas lavable, mais tant qu’un masque n’est pas visiblement sale, visiblement abĂźmĂ©, inconfortable et qu’il tient toujours bien contre le visage sans fuite, on peut continuer Ă  le remettre. S’il commence Ă  avoir l’air usĂ©, si les Ă©lastiques se dĂ©tendent, etc. alors il faut le changer. Personnellement je travaille de chez moi et la majoritĂ© des jours je sors uniquement sortir mon chien et peut-ĂȘtre faire les course, donc je ne porte pas le masque trĂšs longtemps et je garde le mĂȘme masque d’un jour sur l’autre tant qu’il me va bien. Pour des personnes qui porterait le masque toute la journĂ©e, il va forcĂ©ment s’user plus vite, et on peut aussi vouloir le confort d’un masque bien neuf, qui gĂ©nĂ©ralement frotte un peu moins sur le visage car le tissu est plus rigide et qui peut ĂȘtre un peu plus respirant.

      L’autre facteur c’est que lorsqu’on porte un masque longtemps il finit par ĂȘtre un peu mouillĂ© Ă  cause de la condensation. Si on va porter le masque une journĂ©e entiĂšre, il peut ĂȘtre utile de changer de masque en milieu de journĂ©e, quitte Ă  rĂ©utiliser le premier un autre jour aprĂšs l’avoir laissĂ© sĂ©cher dans un endroit propre.

      Du coup, le budget dĂ©pend du mode de vie et d’Ă  quel point on change de masque souvent. Au maximum, mettons quelqu’un qui porte deux masques par jours et les jette aprĂšs une demi journĂ©e, Ă  10€/50 masques, on est sur 12,40€/mois. 6,20€/mois si on porte un masque par jour tous les jours, et moins que ça si on ne change pas de masque tous les jours.

      Une des raisons pour lesquelles je recommandes les FFP2 pour l’usage courant de la majoritĂ© des gens, c’est qu’ils sont relativement fin et donc dans une majoritĂ© de cas ne gĂȘnent pas la parole et la communication. Il peut y avoir des exceptions, notamment pour les personnes qui ont besoin de lire sur les lĂšvres, mais encore une fois, une protection imparfaite c’est mieux que rien. On peut aussi masquer la majoritĂ© du temps et dĂ©masquer ponctuellement pour les besoins comme celui-lĂ .

      Pour la question de la dissociation et autre, effectivement un des obstacles au port du masque chez certaines personnes handicapĂ©es peut ĂȘtre les problĂšmes sensoriels, de dissociation, de TOCs ou de psychose par exemple. C’est assez diffĂ©rent pour chaque personne donc il est difficile de donner des conseils prĂ©cis, mais je pense que trouver une forme de masque qui est confortable pour toi peut aider. Et aussi voir suivant les contexte comment il est possible de faire des pauses pour pouvoir stimmer comme tu as besoin, te laver le visage si ça aide, etc. Personnellement j’ai achetĂ© des attaches masques qui permette d’accrocher les sangle du masque derriĂšre la tĂȘte au lieu de derriĂšre les oreilles et je trouve ça beaucoup plus confortable. Le masque bouge peu lorsque je parle, et je me sens plus libre de mes mouvements.

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