Transitionner médicalement ou pas ?

Cet article est la retranscription de cette vidéo :

https://www.youtube.com/watch?v=xTZBPfibEqg

Bonjour et bienvenue sur ma chaîne, c’est H Paradoxæ et aujourd’hui, une fois n’est pas coutume, on va parler de seins. Avant de rentrer dans le vif de ce sujet qui nous intéresse tous tant, il faut quand même que je fasse une petite mise à jour : Bonjour, je suis trans.

Un certain nombre d’entre vous me suivent depuis l’époque où c’était un des sujets principaux de mes vidéos, d’autres m’ont peut-être découvert à travers le reportage d’Arte, on y reviendra, mais je sais aussi que beaucoup d’entre vous me suivent juste pour les vidéos sur l’autisme et le handicap et ne sont pas forcément au courant, donc voilà.

J’ai été assigné fille à la naissance, et vers 18 ans j’ai réalisé que ça ne m’allait pas, en fait, et j’ai commencé mon chemin de transition petit à petit. J’ai commencé à utiliser les pronoms et les accords masculins il y a cinq ans maintenant, j’ai changé de prénom il y a quatre ans, et il y a un mois j’ai fait une mammectomie, c’est-à-dire l’opération pour faire enlever les seins et avoir un torse plat.

A ce stade vous vous demandez peut-être : « Mais Alistair, pourquoi est-ce que tu penses que ta vie nous intéresse ? » mais je vous ai demandé votre avis et vous avez dit oui, donc maintenant vous êtes obligé·es de rester.

Sondage youtube: 
Est-ce que ça vous intéresserait que je fasse une vidéo sur ma mammectomie ? Et si oui est-ce que vous avez des questions ou thèmes que vous aimeriez que j'aborde ? Dites moi en commentaire !
Oui : 89%
Non : 11%

(C’est pas vrai.)

Si vous avez suivi mes quelques apparitions dans les médias, vous vous dites aussi peut-être : « Mais Alistair, tu avais pas dit que tu ne voulais pas faire de transition médicale ? » et si… enfin plus ou moins, c’est ça qu’on va parler aujourd’hui.

Plus généralement le sujet de cette vidéo aujourd’hui ça va être de parler un peu de mon parcours, de ce qui faisait que je voulais ou pas faire une mammectomie, de ce qui m’a fait changer d’avis, de ce qui m’a décidé, et je veux aussi en profiter un peu pour parler justement des médias et de ce qu’ils en disent et de pourquoi ça pose problème.

Il y aura aussi un deuxième épisode à cette vidéo pour répondre à vos questions un peu plus précisément sur le déroulement de l’opération, le séjour à l’hôpital, la convalescence, tout ça, donc si vous avez encore des questions n’hésitez pas dans les commentaires.

Avant de m’y mettre je tiens quand même à préciser que du coup cette vidéo va parler un peu de transphobie, notamment autour de la transition médicale, comme ça vous êtes prévenu·es.

Traitement médiatique de la transition médicale

Mon expérience avec Arte

Étonnamment, ou peut-être pas on y reviendra, ma transition médical et le rapport à la transition médical que j’ai c’est quelque chose dont j’ai très peu parlé sur ma chaîne, et pourtant quasi systématiquement quand les médias viennent me voir pour me faire parler de transidentité, c’est pour que je parle du fait que je suis trans mais  que « je veux pas faire une transition médicale », c’est-à-dire prendre des hormones et faire une ou des opérations.

Pour moi cette histoire de transition médicale, ça pour ainsi dire jamais été quelque chose de fixe et définitif.

« Cette volonté de ma part de ne pas faire de transition médicale, en tout cas pour l’instant ça fait pas du tout parti de mes objectifs. »

« Faire ou ne pas faire un transition médicale, le témoignage d’Alistair », Komitid, 2018

Et quand j’ai été interviewé par Arte pour parler de tout ça il y a un peu plus d’un an, on en a parlé pendant bien au moins une heure je pense.

Ce qui était pour moi important d’expliquer c’est qu’il n’y a pas une bonne manière de faire une transition, toutes les personnes trans ont des besoins et des envies qui sont différentes et c’est normal. Il y a des personnes qui ont besoin ou envie de faire certaines démarches, et d’autres non, c’est pas un problème et il n’y a pas de débat à avoir là-dessus.

Mais plus que ça, c’était aussi important pour moi de dire que pour une personne donnée il n’y a pas une seule bonne solution, tout simplement parce qu’on est des personnes vivantes, qu’on évolue, et que dans un contexte ou un autre nos besoins notre marge de manœuvre vont être différents et c’est normal.

Je parlais du fait que les choix de transition, comme essentiellement n’importe quel autre choix dans la vie, c’est une question de balance bénéfice-risque : « Qu’est-ce que j’y gagne ? », « Qu’est-ce que j’y perds ? », « Quels risques il y a ? ».

Des fois la réponse elle est évidente, par exemple : « J’ai besoin de cette opération, j’en suis sûr, j’ai les moyens de me l’offrir et ma famille me soutient. ». Et des fois c’est plus flou par exemple : « Je ressens pas l’urgence vitale de faire cette opération, mais je pense que ça m’aiderait quand même, mais financièrement c’est un peu compliqué, et ma famille est contre. », là on voit bien tout de suite la décision est un peu plus complexe.

Du coup ce que j’ai expliqué à Arte, comme je l’avais dit à Komitid, c’est que je n’excluais pas du tout le fait de faire une transition médicale un jour, mais que à l’heure actuelle le besoin et l’envie que j’en avais n’était pas suffisants pour compenser les parties qui me faisaient peur et les contraintes qui étaient les miennes, mais que ça pouvait tout à fait évoluer et que des personnes avec les mêmes besoins et envies mais des contraintes plus faibles, ou un besoin plus fort et des contraintes similaires, pouvait prendre des décisions différentes des miennes.

Bon, maintenant si vous avez vu le reportage d’Arte, vous remarquez sûrement qu’ils n’ont pas laissé une seule phrase de tout ça dedans, et qu’ils ont coupé le truc de manière à donner l’impression que j’étais sûr de ne pas faire de transition médicale et que c’était ça mon choix définitif. Et en plus de ça ils ont mis ces extras la juste après l’interview d’un psychiatre horrible qui expliquait qu’il pensait que c’était mal que les personnes trans fassent des transitions médicales, donc ça donnait vraiment l’impression que j’étais d’accord avec lui. Ils ont donc fait ce que j’appellerais, avec tout le respect que je leur dois, c’est à dire somme toute très peu, un montage de bons gros bâtards.

Bon. Ce qui nous intéresse à ce stade là c’est :

Pourquoi ce traitement là?

C’est important de répondre à cette question parce que ça permet d’expliquer un certain nombre d’enjeux autour de la transition médicale, que ça permet de mieux comprendre ce que font les médias quand ils parlent de transidentité, et au passage ça nous aide à comprendre des trucs sur ma propre transition, donc c’est tout bénef.

Souvent le fait de ne pas transitionner médicalement est montré comme plus ou moins subversif par les médias, en mode « On attend d’une personne trans qu’elle transitionne médicalement, et du coup le fait que vous vouliez pas le faire, wow, ça subverti nos attentes ! »

De la même manière il y a un certain nombre de personnes trans qui ne font pas de transition médicale et qui s’imagine que ça doit être plus simple pour celles qui en font, parce que en quelque sorte elles font ce qu’on attend d’elles pour être vues comme des « vrais hommes » ou des « vraies femmes » et que après ça ça doit rouler.

Dans mon expérience c’est deux choses-là sont fausses.

La vérité, à mon humble avis, c’est que les personnes cis, donc les personnes qui ne sont pas trans, elles attendent de nous qu’on ne soit pas trans. A partir du moment où on est trans, on fait déjà quelque chose pas comme il faut, quelle que soit la manière dont on transitionne. Si on transition pas médicalement on ne fait pas assez d’efforts pour être des « vrais hommes » et des « vraies femmes » et c’est mal, et si on transitionne médicalement on se mutile, on n’accepte pas notre corps comme il est, et c’est mal.

Évidemment cette réflexion-là elle marche aussi pour les personnes trans qui sont non-binaires, même si c’est des fois encore plus compliqué parce qu’il y a encore plus rien qui passent comme « une bonne transition bien comme il faut ».

Et du coup ce qu’il va se passer dans les médias souvent c’est qu’on va nous monter les uns contre les autres.

On va montrer d’un côté les personnes qui transitionnent médicalement pour dire aux autres : « Bah vous voyez, c’est possible de faire l’effort d’essayer d’être un vrai homme une vraie femme, vous devriez faire ça. », de la même manière qu’on entend souvent un peu pour les personnes gays ou lesbiennes « Non mais moi j’ai rien contre les homos, mais faut juste pas que ce soit toute leur personnalité, puis je veux pas que ça se voit trop non plus. », vous voyez le genre de truc.

Et dans l’autre sens on va montrer les personnes qui ne transition pas médicalement pour dire : « Ben vous voyez, vous pouvez tout à fait être trans et heureux sans transitionner médicalement, du coup arrêtez de le faire parce que c’est dégueu. ».

C’est évidemment généralement pas dit de manière aussi explicite, mais c’est un sous-entendu qu’on va souvent retrouver.

J’en avais parlé dans une autre vidéo il y a quelques années sur un reportage de M6 je vous la met dans le i, où on avait que des femmes trans qui avait transitionné médicalement, et que des hommes trans qui n’avait pas transitionné médicalement. Il y aurait aussi beaucoup de choses à dire sur cette dichotomie hommes trans / femmes trans que je vais pas développer aujourd’hui parce qu’on n’a pas le temps, je crois que je l’avais fait un peu dans cette vidéo, mais en tout cas on voit que c’est un motif qui se répète dans les médias d’opposer ceux qui transitionnent et ceux qui ne transitionnent pas.

Ce à quoi ça sert aussi cette stratégie, c’est de montrer que même si être trans c’est toujours un peu un problème, le vrai pire problème c’est d’être entre deux. Soit tu y vas complètement pour ressembler à ton « genre d’arrivée » entre guillemets, soit tu transitionne pas du tout pour rester un petit peu dans les cases de ton genre assigné. Mais si tu commences à vouloir prendre ton temps, changer d’avis, ne pas « tout » faire entre guillemets, etc., là tu te retrouves plus ou moins entre deux sexes et ça c’est insupportable.

C’est d’ailleurs une des choses qui s’est passé avec la création de la SoFECT, qui ensuite s’est appelée FPATH, et qui maintenant s’appelle trans-santé. (A ne pas confondre avec Espace Santé Trans qui est une super association.) Trans-santé, à l’époque la SoFECT, une de leurs grandes lignes directrices c’était, et c’est encore un peu aujourd’hui, le fait de ne pas créer ce qu’ils appelaient des « chimères ».

Déjà juste parler comme ça c’est horrible.

En gros l’idée c’était de ne permettre de transitionner aux personnes trans que si elle voulait « tout » faire et qu’on était sûr qu’elles allaient être « réussies » dans leur genre d’arrivée, pour ne pas se retrouver avec des personnes qui étaient visiblement trans, qui était un peu dans un entre deux sexes, etc.

Bref, ce que je veux dire en racontant tout ça c’est que :

  1. Il n’y a pas de bonne manière de transitionner aux yeux de la transphobie. Je me suis pris de la merde transphobes parce que je transitionnais, je me suis pris de la merde transphobe parce que je transitionnais pas, c’était pas le même type de merde transphobe mais y en avait toujours.
  2. Que les médias binarisent souvent les expériences des personnes trans, parce que du coup ça permet de parler de transidentité sans trop remettre en question la binarité du sexe et du genre, tant qu’on montre des personnes qui vont bien dans leur genre d’arrivée, ou qui reste bien dans leur genre de départ, mais que surtout on s’attarde pas trop sur tout ce qui se passe entre les deux. Sauf qu’évidemment, dans la vraie vie, toutes les personnes trans sont un peu entre les deux.

Voilà, ça c’était pour une petite aventure médiatique ! Maintenant : Qu’est-ce qui m’a fait changer d’avis et qui m’a décidé à me faire opérer ?

Mon cheminemen

Le rythme de ma transition

Moi déjà ce qu’il faut comprendre, c’est que d’une manière générale je suis plutôt lent avec ma transition.

J’ai absolument aucun problème avec les personnes trans qui font plein d’actes de transition très vite dès qu’elles découvrent qu’elles sont trans, si c’est ce dont elles ont besoin ou envie, c’est très bien pour elle, j’en suis ravi ! Mais si vous voulez moi j’ai mis juste un an et demi à me décider à peut-être changer de prénom une fois que j’étais out à tout le monde autour de moi, donc j’étais pas très étonné de constater que la question de la transition médical c’était quelque chose qui prenaient du temps à arriver, à s’installer et à se développer, c’est plutôt mon rythme.

Ensuite il y a plein de questions liées au handicap.

Autisme et transition

Avec l’autisme c’est pas très simple de gérer le changement d’une manière générale, et je crois que j’en avais parlé un peu à Komitid mais moi déjà rien que le fait de me couper les cheveux, c’est un truc qui est extrêmement angoissant et déprimant pour moi parce que ça me choque, en fait, de me voir avec une coupe de cheveux différentes, et je suis juste ruiné pendant trois jours à chaque fois. Donc déjà ça ça me faisait un peu flipper.

Aides à la mobilité et opérations

Ensuite il y a le fait que je peux pas vraiment marcher sans aide à la mobilité, donc la majorité du temps je suis en fauteuil roulant. Le truc c’est que pour utiliser mon fauteuil roulant, ou n’importe quoi d’autre, un déambulateur, une canne, etc., j’ai besoin de m’appuyer sur mes bras, et ça on peut pas le faire au début de la convalescence de la mammectomie parce qu’on a des cicatrices sur le torse et sous les bras, et du coup on doit pas trop utiliser nos bras, pas porter des charges lourdes, ce genre de choses, le temps que tout ça se consolide bien.

Du coup je savais que si je faisais ma mammec, probablement que je n’allais pas pouvoir vraiment sortir de chez moi pendant deux semaines, quatre semaines, six semaines… je savais pas trop parce que je n’avais pas vraiment de retour là-dessus, et c’est quand même une contrainte bien plus grande que pour une personne bipèdes, qui certes va être un peu gênée pour faire des choses, mais quand même dans une moindre mesure. C’est-à-dire que moi mes bras, c’est mes bras, et en plus c’est mes jambes, donc ça fait beaucoup.

Ce problème-là c’est quelque chose qui m’a longtemps bloqué dans le fait de faire une mammectomie, parce que je me sentais pas prêt à affronter cette situation-là, jusqu’au moment je me suis retrouvé dans mon logement actuel, qui est très accessible, dans lequel je vis bien, et dans lequel je suis entouré par pas mal de proches qui peuvent m’aider au quotidien si j’en ai besoin. Et du coup arrivé à ce stade de ma vie j’ai pu commencer à me dire : « En fait rester enfermé un mois chez moi, c’est pas si pire. »

SED et opérations

J’avais aussi un peu des craintes liées au fait que ma maladie génétique peut causer des difficultés liées à la peau, à la cicatrisation, aux saignements, tout ça. Après mois la peau c’est pas l’organe le plus touché chez moi, donc je n’étais pas extrêmement flippé, mais disons que c’était un petit problème en plus quoi.

Validisme et transphobie interiorisée

Et enfin honnêtement, j’avais quand même un peu esquivé le fait de me poser la question de si j’avais envie ou pas de ressembler à un « vrai homme » entre guillemets, parce que je pensais pas que ça m’était accessible de toute façon.

Ça c’est beaucoup lié à mon expérience d’homme handicapé.

Avant d’utilisé des aides à la mobilité, je passais pas trop mal. C’est-à-dire que généralement j’étais perçu comme un homme dans la rue, etc. … ou plutôt comme un garçon.

Ca se voit pas autant en vidéo parce que je suis super concentré et que je lis un texte, mais j’ai vraiment l’air autiste en vrai. Et globalement, en tout cas dans mon expérience, j’ai remarqué que la manière dont je bouge, dont je marche, dont je communique parce que je suis autistes, c’est pas très virilisant globalement. Si on ajoute à ça le fait que je fais 1m50 et que j’ai pas mué, globalement la majorité des gens dans la rue pensais que j’étais un petit garçon autiste de 12 ans en fait.

La première fois que je suis allé dans un labo pour faire un test PCR, on m’a dit que je ne pouvais pas le faire parce que je n’étais pas avec mes parents. J’ai 23 ans.

Cette situation-là et ce passing-là c’est pas forcément quelque chose qui était profondément inconfortable pour moi, mais je l’avais pas choisi, et j’ai jamais trop essayé de me demander si j’avais envie d’y faire quelque chose parce que je pensais pas que c’était possible.

Quand j’ai commencé à avoir une cane puis un déambulateur on a arrêté de m’appeler « jeune homme » pour commencer à m’appeler « madame » en permanence, et c’était pas terrible. Et quand j’ai eu mon fauteuil roulant, là tout a changé. J’ai lu beaucoup de personnes notamment transmasculine dire que quand elles ont eu un fauteuil roulant elle se sont fait beaucoup plus genrer au féminin qu’avant, donc je m’attendais à ce que ça m’arrive, et absolument l’inverse s’est passé.

Je suis pas trop sûr de pourquoi, je pense que c’est quand même surtout lié au fait que le modèle de mon fauteuil et mon style de conduite sont assez sportifs d’une manière générale, donc ça a dû jouer. Le fait d’être en fauteuil ça m’a aussi permis de prendre du muscle, ce qui vu que j’étais malade et dans la douleur en permanence jusqu’ici n’était pas tellement quelque chose qui m’était arrivé.

J’ai recommencé à me faire genrer souvent au masculin, et différemment qu’avant parce que je n’étais plus perçu comme un petit mec autiste de 12 ans, mais vraiment comme un homme, et parfois comme un homme vraiment actif ou sportif. Et ça c’est vraiment quelque chose dont je n’avais jamais fait l’expérience dans ma vie.

Quand j’étais ado j’étais perçue comme une meuf, et même si j’essayais de faire partie de la bande des mecs cool qui ont l’air un peu sportif c’était quand même pas tout à fait ça, et puis après j’ai été perçue comme un mec malade ou un petit enfant en fait. Et c’est là que j’ai réalisé qu’être plus masculin c’était quelque chose qui était possible pour moi, et que c’était quelque chose que j’avais envie de faire.

Dans le même temps j’ai commencé à lire et à écrire beaucoup de fanfictions, notamment des fanfictions avec des hommes adultes qui relationnent avec des hommes adultes, dont des hommes trans, dont des hommes handicapés, et la conjonction de tous ces événements a fait qu’à un moment donné j’ai réalisé à quel point j’étais un homme gay en fait.

Et c’est peut-être bizarre de dire ça, déjà dans l’absolu, et encore plus parce que ça fait des années que je suis out en tant que tel, mais je crois qu’avant ce moment-là j’avais pas pris la mesure d’à quel point c’était vrai, et d’à quel point c’était important pour moi, et d’à quel point j’avais envie d’explorer ça.

Et du coup dans toute cette aventure-là, à un moment donné je me suis rendu compte que, si c’était pas un passage obligé de faire un mammec évidemment, si je voulais continuer à explorer cette masculinité-là c’était quand même l’étape logique suivante, et que j’en avais envie, du coup je l’ai fait.

En bref, Naruto m’a rendu du trans et j’ai décidé de faire une mammec pour mettre deux débardeurs et draguer des mecs avec mes biceps, c’est tout.

Importance de la communauté et de la représentation

Personnellement je me sens pas blessé ou en colère d’avoir pris autant temps à réaliser tout ça parce que je pense que c’était le bon timing pour moi, mais je me rends bien compte à quel point c’était vraiment important et vital pour moi que j’ai eu accès à toute cette représentation à ce moment-là, et aussi que j’ai pu rencontrer et parler à d’autres hommes trans et handicapées qui ont pu me montrer que, ben, c’était possible en fait, parce que sinon je ne serais jamais arrivé à cette conclusion tout seul, parce que j’avais juste beaucoup plus de validismes de transphobie intériorisée que ce que j’avais anticipé en fait.

Je sais qu’il y a plein de personnes trans pour qui le temps que ça a pris de comprendre et de réaliser tout ça est quelque chose de très douloureux, et j’ai beaucoup de gratitude pour le fait que j’ai eu accès à tout ça assez vite pour que ce soit pas le cas pour moi.

Tant que je suis encore dans les remerciements et avant de conclure cette vidéo, je tiens aussi à dire que j’étais terrifié de revenir montrer ma gueule sur cette chaîne après pas avoir fait vidéo pendant des mois cet été, et que vous avez très bien accueilli l’avancée de ma transition, et que c’était vraiment précieux pour moi. Du coup merci d’avoir été sympa, merci d’avoir complimenté ma coupe de cheveux alors que très clairement je suis dans cet intervalle ingrat entre court et long où on ne peut rien faire du tout à part attendre que ce soit moins pathétique.

Merci, je vous aime bien.

Outro

Comme je l’avais dit au début si vous avez des questions n’hésitez pas à les mettre en commentaire et j’essayerai soit de vous répondre directement, soit de répondre dans l’épisode suivant.

Avant de vous quitter je tiens aussi à vous rappeler l’existence de uTip qui est la plateforme sur laquelle vous pouvez soutenir mon travail et cette chaîne, soit en faisant un don, soit où vous promenant sur mon shop je vous laisse aller voir. Je remercie du fond du cœur toustes celleux d’entre vous qui le font déjà et qui me permettent de payer mon loyer tous les mois, merci beaucoup.

Sur ce je vous souhaite une bonne fin de journée, et à très bientôt !

Annexes

Contact, réseaux sociaux, uTip… : https://linktr.ee/hparadoxa

Mon article « Y a-t-il une injonction à la transition médicale ? » : https://alistairh.fr/index.php/injonction-transition/

Une vidéo sur le passing en collaboration avec Yuffy : https://www.youtube.com/watch?v=6VQ9t1Ric9o

Ma vidéo « Se sentir homme, qu’est-ce que ça veut dire? » : https://www.youtube.com/watch?v=19TVy_eqI98

Ma vidéo sur le reportage de M6 : https://www.youtube.com/watch?v=WoVqSh6E5wk

Mon interview chez Komitid en 2018 : https://www.youtube.com/watch?v=7NPCFsbPctQ

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